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Sachez ce que vous voulez

Beaucoup de jeunes Tunisiens pensent que l'emploi et la carrière dépendent des diplômes universitaires, et surtout du baccalauréat. Il est vrai que le marché du travail et les recrutements en entreprise sont particulièrement liés au niveau d'études, mais cela ne veut pas dire qu'un demandeur d'emploi sans diplôme de fin d'études supérieures ou secondaires n'a aucune chance de trouver du travail. Le secret réside dans la définition d'une vision, qui est une forme d'anticipation de son parcours professionnel. Comme le disait le docteur égyptien Ibrahim El-Fiky, que Dieu ait son âme : « Sachez ce que vous voulez pour l'obtenir. »

Le système éducatif allemand, par exemple, repose sur une vision bien particulière. Les Allemands ont atteint un niveau de conscience très élevé : ils orientent leurs jeunes vers des études universitaires ou vers une formation, selon les compétences et le niveau de chaque élève. Pour eux, certains sont capables de viser un diplôme universitaire, tandis que d'autres n'ont pas le niveau scolaire ou les aptitudes techniques pour franchir les étapes avancées de l'enseignement secondaire et universitaire. L'éducation est un droit pour tous, mais pourquoi ne pas revenir à la réalité du marché du travail ? Nous ne pouvons pas tous être professeurs, ingénieurs, médecins ou avocats. Essayez de choisir la bonne voie dans votre parcours scolaire pour trouver directement un emploi. Ne sous-estimez pas la formation professionnelle, car elle peut vous ouvrir de belles perspectives. Dans la culture tunisienne, la formation professionnelle est vue comme une solution de repli pour les élèves qui ne réussissent pas. En Occident, le regard est différent : la formation professionnelle est une solution rapide et excellente pour trouver un emploi.

Beaucoup de diplômés de l'enseignement supérieur ne trouvent pas d'emploi, alors que, selon les études menées par une université privée tunisienne qui forme ceux qui n'ont pas obtenu le baccalauréat, 79 % des diplômés de niveau technicien supérieur professionnel ou technicien supérieur trouvent un emploi dès la fin de leurs études. Cela ne veut pas dire que le diplôme universitaire n'a pas d'importance, mais la réussite dans la vie n'en dépend pas à cent pour cent. Dans le monde, on trouve de nombreuses histoires de réussite où un diplôme de formation professionnelle, et j'insiste ici sur le mot « professionnelle », c'est-à-dire une formation dans une spécialité précise, a mené à un parcours brillant : création d'entreprises, conquête de marchés nationaux et internationaux.

Il faut changer le regard négatif porté sur les filières alternatives. La formation professionnelle est une solution au chômage. À tous les jeunes qui ont perdu espoir faute d'avoir obtenu le baccalauréat ou un diplôme universitaire : n'oubliez pas les métiers indépendants, que le marché du travail ne cesse de réclamer. Je reviens à l'Europe, où les petits métiers comme la plomberie, la climatisation, la mécanique, l'électronique et bien d'autres sont très demandés, au point que ces diplômés de la formation professionnelle exercent aujourd'hui dans des secteurs parmi les plus importants à l'échelle nationale dans les pays développés.

En cette période économique difficile, l'heure est venue de travailler pour notre cher pays. N'oubliez pas ce que la Tunisie vous a offert, malgré tous les problèmes et tous les obstacles. Sachez ce que vous voulez, ne méprisez aucun métier quel qu'il soit, et n'oubliez pas que vous ne travaillez pas seulement pour gagner votre pain quotidien, mais aussi pour la Tunisie. Travaillez matin et soir, et même le dimanche. Et lancez-vous !